30 ans de souvenirs

Nous avons compilé quelques souvenirs marquants de ces 30 dernières années. Le choix a été difficile, il n’est d’ailleurs pas définitif et évolue au fil du temps. 

Bonne lecture

Le premier de la classe

Voyage incentive en Grèce pour les commerciaux d’un célèbre spécialiste des Arts de la Table. 40 pax. 1990

Je me souviens qu’il avait occupé le fond de la classe pendant toute sa scolarité et avait  fini premier à grand renfort de campagnes publicitaires encore aujourd’hui ancrées dans la mémoire collective des ménages de plus de cinquante ans.

 Il était donc devenu le premier fabricant de couverts et plats en Inox et, pour récompenser sa force commerciale, avait choisi d’emmener cette dernière en Grèce – l’occasion aussi de présenter sa nouvelle campagne télévisuelle qui devait alors le propulser au firmament des Arts de la Table.

 L’opération s’était déroulée dans la bonne humeur entre visites studieuses, récréations en tavernes surchauffées, cours de sirtaki et périple ludique à l’occasion duquel nous avions pastiché un célèbre livre d’histoire pour en faire le road book d’une chasse au trésor en Argolide.

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No souk, no group !

Incentive en Jordanie  pour 170 courtiers invités par une importante compagnie d’assurance française. 1997

No souk, no group ! Ce fut le leitmotiv tout au long de ce repérage au pays des deux mers, la rouge et la morte.  

Notre clienl avait tout validé, le piano à queue au milieu du désert, l’attaque du train à vapeur et l’enlèvement de sa propre assistante par des bédouins à cheval, les hélicoptères pour les transferts, la soirée magique au bord de la mer morte, le déjeuner dans l’amphithéâtre Nord de Jerash, l’immense campement au milieu du magnifique désert du Wadi Rum, l’eau des douches chauffée par le soleil ardent dans  une citerne là-haut perchée sur la dune. Il avait tout  validé y compris le déjeuner au cœur de  Petra au milieu des lauriers en fleur, mais avait catégoriquement rejeté notre conseil de plutôt éviter la visite des souks à Amman.

Après trois jours de « no souk, no group !» et quelques araks frappés au large d’Aqaba nous avions finalement cédé.

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Ça se corse en Corse.

Incentive en Corse pour vingtaine de cadres d’une entreprise de travaux publics accompagnés de leurs conjoints. 1999

Nous nous apprêtions à revenir en convoi vers Ajaccio pour y prendre notre vol retour après un rallye multi-activités de trois jours quand la patronne de l’hôtel décida de fermer la grille pour nous empêcher de passer.

Devant mon étonnement elle me présenta la facture et m’intima assez fermement de bien vouloir la régler sur le champ. La mâchoire m’en tomba car il était convenu qu’elle me l’envoie et que je la règle à réception.

Qu’à cela ne tienne, j’invitai donc l’ensemble du groupe à aller prendre un dernier rafraîchissement au prétexte de devoir régler quelques détails administratifs. Ils ne se firent nullement prier car le Golfe de Porto Vecchio était magnifique sous le soleil et le bar, les  pieds dans l’eau, n’aspirait qu’à sortir de sa sieste.

Puis, j’entrepris d’éplucher calmement la facture au frais dans le  bureau de la directrice indélicate et y décelai rapidement une erreur  de près de 9000 F (1370€). S’ensuivit une démonstration  impressionnante de « cahuzacage » de haut niveau. Les yeux dans  les yeux, la matrone des lieux m’affirma avec un aplomb digne d’un soldat du même métal que c’était là une simple faute de frappe. Mon  chèque atterrit sur son bureau avec fracas accompagné d’un éclat de  rire un rien menaçant qui la laissa sans voix.

Le convoi reprit sa route dans la joie et la bonne humeur. Le bar retrouva sa léthargie, un trou dans la caisse à la santé de Madame la  directrice.

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L’Elysée ou presque !

  • Convention au Luxembourg réunissant 200 stagiaires d’un grand producteur d’acier. 2002

La décision était tombée comme un couperet. La direction de l’entreprise interdisait toute sortie du personnel hors les murs du siège social jusqu’à la levée de l’alerte « tempête » que venaient de lancer les autorités publiques.

Nous venions juste de terminer la mise en place des ateliers qui devaient venir rythmer le rallye pédestre proposés aux quelques 200 jeunes recrues venues du monde entier.

J’appelai donc notre responsable logistique, trempé comme une soupe, ébouriffé comme un oursin sous tension. Les quelques secondes de silence qui suivirent mon annonce me parurent interminables jusqu’à l’entendre me dire « ok on démonte, mais après ? ». Tu rappliques avec toute l’équipe – une dizaine d’animateurs – et tout le matériel. »

La suite fut bien simple, il nous fallut tout remonter intra muros, utiliser tous les recoins de ce bâtiment prestigieux aux allures de palais de l’Elysée.

Le tir à la sarbacane où chacun devait désigner par ses tirs les différentes implantations du client à travers le monde, fut installé sous les voutes de la cave. Le quizz « sécurité », dans la salle du conseil d’administration. Le défi écologique dans les couloirs cirés du premier étage. Le trial VTT sur les pavés de la cour d’honneur.

 Un team building à l’Elysée, ou presque ! Pas mal.

Les ours aiment-ils l’armagnac ?

Incentive à Carcassonne pour le comité de direction d’une entreprise de maroquinerie. 2008

La presse locale faillit s’en faire l’écho : un ours brun avait été aperçu sur les remparts de Carcassonne à la nuit tombée. On disait même qu’il aurait trempé les lèvres dans un verre d’armagnac.

Il nous fallu dès le lendemain opposer un ferme démenti et avouer que la bête n’était autre que Gaston, comédien de son état à qui nous avions confié, en compagnie d’une comtesse et d’un bateleur, la visite du site au flambeau et une dégustation du breuvage sus cité.

Notre client allait d’étonnement en étonnement. Les chateaux cathares se révélaient à lui à mesure que les deux chevaux mis à sa disposition le menaient à travers la campagne environnante.

La confection d’un foie gras et l’assemblage d’un vin personnalisé achevèrent de le convaincre d’avoir fait le bon choix de programme.

Le pique nique « grand siècle » avec ses paniers d’osier, ses tables en fer forgé au milieu des vignes, ses serveurs en costumes d’époque ont continué d’alimenter nos conversations au fil des opérations qui s’en suivirent, les unes au cœur du desert de Larreget, les autres dans un refuge de montagne sur les hauteurs de Chamonix, une autre encore, par delà les pistes du domaine killy à Val d’Isère.

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Garden Party corporate

Tous les deux ans l’un de nos clients réunissait l’ensemble de ses collaborateurs accompagnés de leurs conjoints et enfants – soit près de 200 personnes -pour une garden party géante.

Les programmes d’animation voyaient se croiser voitures de collection, hélicoptères, calèches et autres diligences. Les parents se détendaient au ball trap, au stand de tir à l’arc, se défiaient à l’occasion de concours de sumo ou de taureau mécaniques, les enfants s’époumonaient à prendre d’assaut des structures gonflables monumentales, partaient explorer la forêt à dos de poney, ou se lançaient dans des batailles d’eau jubilatoires sous le contrôle de notre équipe d’animation.

Je n’oublierai jamais l’émerveillement dans les yeux de ces agriculteurs en plein pays de Bray que j’avais invités à un baptême d’hélicoptère pour les remercier de leur accueil et de leur aide pour préparer le terrain. Le survol des falaises d’Etretat au soleil couchant les avait littérallement bouleversés. Je suis sûr qu’ils en parlent encore.

Un autre jour, ma voiture faillit prendre les airs. Nous y avions fixé au côté de deux autres véhicules une montgolfière qui montait et descendait offrant aux passagers une petite initiation aérostière et, en même temps, une vue imprenable sur la campagne environnante. Et puis il y eut une rafale de vent un peu plus forte qu’une autre et voilà ma voiture soulevée de deux mètres pendant quelques secondes pour atterrir doucement dans l’herbe. Un quatrième véhicule fut appelé à la rescousse.

Une autre fois, la journée, sous le signe du far west, s’était vue baptisée  « The Happy Day ». Je me souviens de cet excellent vin californien commandé pour l’occasion et qui avait fini d’en convaincre plus d’un de la qualité de certains vins d’ailleurs. J’en conserve précieusement une bouteille. Elle porte encore l’étiquette souvenir créée pour l’occasion. Un Beringer Private reserve de 1987, Je n’ose plus l’ouvrir. Cliquer ici 

Mission impossible au pays des rillettes et du calvados

Incentive en Normandie. 70 personnes. 1990

Cette mission, si nous l’avions acceptée, c’est parce que notre client faisait preuve d’un tel enthousiasme à l’idée d’emmener ses équipes au milieu de la campagne normande pour deux jours de challenge pleine nature que nous nous-nous sentîmes pousser des ailes., L’opération reçu comme nom de code « Mission impossible à Saint Léonard ». A l’instar de la célèbre série américaine, chaque équipe s’était vue remettre un « walkman » afin de recevoir des instructions au début de chaque épreuve dont une course d’orientation, un pont de singe, une descente de rivière en canot de survie, des épreuves de franchissements en 4X4.

La soirée sous les étoiles autour d’un feu de camp digne de la St Jean et à grand renfort de produits du terroir (cidre, rillettes, calvados) donna lieu à de forts intéressants échanges entre les participants. La nuit mit quelques temps à se remettre des cris des passagers embarqués pour d’époustouflants baptêmes à bord de 4X4 de compétition, sorte de grand huit grandeur nature dans la seule lueur des phares.

Coup de chaud                                               

Convention SQE à Moliets réunissant 200 personnes d’une entreprise de BTP. 2009

Nous avions fait le choix de nous appuyer sur un contact régional en lui confiant la tâche de mettre en place un pique nique sur l’un des sites validés lors du repérage et soumis à l’approbation des autorités locales.

Alors même que la convention battait son plein et avait déjà livré son plein de réunions, de transferts à vélo, de soirée flamenco, d’olympiades sur la plage et autres réjouissances, je demandai donc à jeter un œil au site retenu pour le déjeuner du lendemain.  Le « régional » entreprit de m’y conduire et se dirigea alors vers le parking de l’hôtel. Arrivés à son véhicule, il m’annonça tout sourire: c’est ici ! Je souris vaguement à la plaisanterie mais lorsqu’il écarta les bras d’un geste large pour me présenter la surface asphaltée, je me sentis blêmir puis trembler jusqu’à ce que la première goûte de sueur perlant sur mon front déclenche ma colère. Mon assistante eu bien du mal à me faire renoncer aux moult invectives qui me chatouillaient la gorge. Mais pas de temps à perdre il fallait trouver une solution !

Coups de fils à quelques autres ressources locales dont une conseillère municipale et la solution vint finalement éclairer la chaude nuit qui tombait.

Au tout petit matin nous enfourchâmes nos vélos pour un ultime repérage et valider le site.

Pique nique il y eut donc, au milieu d’une belle pinède au bord d ‘un rafraichissant plan d’eau… le plus dur de cette histoire fut d’extirper les 200 participants  hors de ce petit havre de tranquillité pour prendre la route du retour.

Cigales incompétentes 

Incentive dans les Alpilles et le Lubéron pour un comité de direction. 30 personnes. 2013

– Bonjour Anne, on peut faire un point pour après demain?

– Quoi après demain ?

– Ben, l’accueil « chic et terroir » devant la chapelle au milieu des oliviers, le buffet de spécialités du terroir, les 2CV dans la cour, le départ du rallye quoi…

– Non, je ne vois rien sur l’agenda et de toute façon je ne suis pas là vendredi ni ma sœur non plus.

– Mais..heu comment dire.. je suis venu vous voir il y a trois semaines, j’ai fait 600 km pour cela, je vous ai tout confirmé par mail… vous m’avez répondu que tout était ok et maintenant vous me dites que vous n’êtes pas là ?

J’ai une certaine propension à l’emportement mais là, même pas. Je trébuchai sur mes bras tombés si bas et ne sus plus que dire jusqu’à un contenu : « mais nous sommes une agence sérieuse. Nos clients comptent sur nous. Nous ne prenons pas d’engagements à la légère. Nous sommes des professionnels ! »

Leur « mais nous aussi nous sommes des professionnel Monsieur ! »  fit instantanément passer ma confiance en la justesse des mots loin derrière l’espoir d’une fin prochaine de la faim dans le monde.

Fort heureusement, lors de ma visite, j’avais pu rencontrer les adorables parents des deux donzelles nullissimes, les deux professionnelles aguerries du lavement à l’huile d’olive.

Ils acceptèrent bien volontiers de mettre en place ce qui était prévu. Bon, à la sauce provençale bon marché mais c’était déjà ça.

Après avoir enlevé les olives immangeables cueillies au super marché, chassé les bouteilles en plastique du même producteur, mis le Joker provençal en carafe, banni le cubi de rosé du Roussillon et l’avoir remplacé par des bouteilles d’AOC des Baux de Provence, après avoir fait passer la taille du buffet de deux à quatre mètres, après avoir échangé la vieille confiture maison de l’année dernière contre une production artisanale haut de gamme, après que le soleil vint finalement mettre en valeur les indéniables qualités esthétiques des lieux, après l’intervention touchante du maître du moulin, la prestations frisa la perfection tout comme le rallye en 2CV dans les Alpilles, la randonnée à vélo dans le Luberon et la soirée Aïoli provençal en compagnie d’une infatigable et talentueuse formation musicale.

Les cigales peuvent chanter !

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Nine eleven

Séminaire commercial au Pays Basque pour une société de service. 80 personnes. 2001 

Il y a des dates que l’on ne peut oublier.  Il y a des dates, on se souvient précisément où l’on était.

Nous étions en pleine mise en place de la salle plénière. La PLV s’emboitait parfaitement, les calicots rasaient les murs, le barco était fin prêt à projeter des résultats, les chaises étaient alignées au cordeau, le desk était en place dans le lobby. Tout était prêt à accueillir les participants qui étaient à ce moment là quelque part dans le ciel entre Paris et Biarritz quand, au détour d’un couloir, notre client nous raconta une étrange histoire que venait de lui conter son épouse au téléphone. Il n’avait pas bien compris s’il s’agissait de la réalité ou si elle venait de lui raconter un film catastrophe, un film qui mettait en scène la rencontre d’un avion et d’un gratte ciel à New York.

Nous ne prêtâmes pas plus d’attention que cela à cette histoire trop incroyable pour être vraie jusqu’à ce que nous passions devant le bar de l’hôtel ou un écran géant diffusait l’actualité en direct.

Le temps de nous asseoir, le deuxième avion vint se fracasser contre l’autre tour du World Trade Center.

 

La bataille d’Hastings

Soirée de gala au musée maritime du Havre pour une entreprise de BTP. 2007

Il avait juré de laisser le musée propre et de ne pas arroser l’assistance de chocolat en poudre et autre banane mâchée. Le premier geyser buccal me vit soudain pris d’une envie irrépressible de disparaitre sous la table, de m’exiler par delà les mers à bord d’une des magnifiques embarcations en bois qui constituaient le décor de la soirée. Le deuxième, pareil, sauf que mon client me fixait, un sourire Jocondien accroché au visage. Ce même client qui, près de 10 ans auparavant, avait déjà du subir les délires de ce même artiste que nous lui avions alors fait découvrir. Après avoir bien recommandé de ne pas indisposer les invités en les faisant monter sur scène, il avait fini, au côté de  trois de ses collaborateurs, héros hilare d’une reconstitution infidèle de la bataille d’Hastings.

Enfin bref, cette fois encore l’artiste jubilait, le public se tordait, les poissons rouges au centre des tables bullaient en rond, imperturbables.

Au départ des invités, alors que je saluais notre client, ce dernier me glissa dans un large sourire : « Il est toujours en forme Gustave ! ».

Hélincentive 

Incentive à Guernesey pour une trentaine de notaires à l’invitation d’un journal d’annonces légales. 2007

J’avais bien failli sécher. Le brief était sybbillin : « Destination proche – étonnez-moi !. »

Tout juste savais-je que notre client avait déjà parcouru les petites routes du bordelais en voitures de collection. Il n’avait pas une seule piste à nous soumettre…  

J’avais beau retourner ces maigres informations, rien ne me venait à l’esprit.

Et puis, un dimanche après-midi pluvieux je me mis au clavier et laissai trainer mon imagination du côté de ma région natale et me pris à imaginer l’associer à ces petits concentrés d’Angleterre isolés au large des côtes du Cotentin. Direction Guernesey donc. J’écrivis le projet d’une traite sur le ton d’une histoire racontée à mon client. J’y ajoutai quelques illustrations pertinentes, un chiffrage indicatif, et envoyai cette pré-préconisation sans vraiment trop y croire mais avec la satisfaction de l’écolier qui a réussi sa rédaction.

Banco ! Notre client donnait suite. Pas le droit de reculer !  Sortir les rames et faire coller la réalité à ma fiction dominicale. Collage réussi ! Envol d’une flottille d’hélicoptères, pause en baie du Mont Saint Michel au milieu des herbus pour quelques huitres fraichement ouvertes, thé, scones, fraises et crème fouettée chez Lord de Saumarez, tour de l’ile de Sark à vélo et déjeuner de homard… puis retour sur la côte d’Emeraude. Rien ne manquait pas même le vieux school bus poussif réquisitionné pour l’occasion.

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